Koungheul : Elhadji Top appelle à une réforme du dispositif de distribution des intrants agricoles

Lors d’une conférence de presse tenue dimanche 16 août 2026 au Centre culturel Ndiapaly Guissé, le coordinateur régional du PLD/And Suxali, Elhadji Top, a dressé un état des lieux critique du dispositif actuel, tout en formulant plusieurs propositions destinées à améliorer son efficacité.

Au-delà de la seule question des retards, le responsable politique met en avant ce qu’il considère comme des insuffisances structurelles dans le système de distribution. Selon lui, les difficultés rencontrées cette année révèlent la nécessité de revoir les mécanismes de planification, de répartition et d’accompagnement des producteurs.

L’un des principaux points soulevés concerne le niveau des quotas attribués au département de Koungheul. Elhadji Top estime que les quantités disponibles restent en décalage avec les besoins des producteurs, particulièrement dans les communes rurales où l’agriculture constitue une activité économique essentielle.

Il plaide ainsi pour une révision des critères de répartition afin que les dotations tiennent davantage compte des réalités agricoles de chaque zone.

Le responsable du PLD/And Suxali remet également en question le principe consistant à attribuer une quantité uniforme par bénéficiaire. À ses yeux, une telle approche ne permet pas nécessairement de répondre aux besoins réels des exploitations et devrait être adaptée aux capacités et aux superficies exploitées.

Pour Elhadji Top, la question des semences ne peut toutefois être dissociée de celle de la préparation de la campagne agricole. Les retards constatés dans la mise à disposition des intrants peuvent, selon lui, compromettre le calendrier des producteurs et réduire l’efficacité des opérations agricoles.

Il appelle donc à une meilleure anticipation de la campagne, avec une mise à disposition plus précoce des semences et des engrais.

Il insiste également sur la nécessité d’améliorer la communication entre les commissions de distribution, les autorités et les producteurs. Une information plus claire sur les quotas, les critères d’attribution et les modalités de retrait permettrait, selon lui, de réduire les incompréhensions et de renforcer la transparence du processus.

Autre axe majeur de son intervention : l’accompagnement technique des producteurs. Elhadji Top estime que les coopératives agricoles doivent bénéficier d’un soutien plus important, notamment en matière d’accès aux terres, de formation et de suivi technique.

Il préconise également un renforcement de la mécanisation agricole et une augmentation du matériel mis à la disposition des exploitants. Pour lui, l’amélioration des rendements ne dépend pas uniquement de la disponibilité des semences, mais également de l’accès à l’ensemble des facteurs de production.

Dans cette perspective, il demande davantage de moyens pour le Service départemental du développement rural (SDDR), ainsi qu’un renforcement de ses effectifs afin d’assurer une présence suffisante sur les différents sites de distribution et auprès des producteurs.

La présence et la répartition des opérateurs semenciers dans certaines communes constituent également un sujet de préoccupation. Elhadji Top estime qu’une réorganisation pourrait contribuer à rendre la distribution plus fluide et plus équitable.

Il suggère, dans le même esprit, une meilleure prise en compte des conditions locales dans la répartition des opérateurs et des ressources.

Sur la question fiscale, le coordinateur régional du PLD/And Suxali rappelle que le paiement de l’impôt relève d’une responsabilité citoyenne. Il estime toutefois que l’accès aux semences d’arachide ne devrait pas être directement conditionné par le règlement des impôts, considérant que les deux problématiques doivent être traitées séparément.

Si son intervention a largement porté sur les insuffisances du dispositif, Elhadji Top reconnaît également certains résultats positifs.

Il salue notamment la qualité des semences distribuées cette année, qu’il attribue aux opérations de tri et de contrôle effectuées en amont. Il a également rendu hommage au travail des autorités administratives, du SDDR, des opérateurs semenciers ainsi que des Forces de défense et de sécurité mobilisées dans le cadre de la campagne agricole.

Il appelle cependant à renforcer les moyens humains et matériels des services techniques et à améliorer les conditions de travail des agents participant aux commissions de distribution.

La disponibilité du niébé fait également partie des préoccupations exprimées. Elhadji Top considère que les quantités distribuées demeurent insuffisantes au regard de la demande des producteurs et appelle à une réévaluation des besoins pour les prochaines campagnes.

Au terme de son intervention, Elhadji Top a estimé que les difficultés observées traduisent, selon lui, les limites du dispositif actuel. Il appelle les pouvoirs publics à tirer les enseignements de la campagne en cours afin d’éviter la répétition des mêmes problèmes.

Ses propositions portent principalement sur l’anticipation de la mise à disposition des intrants, la révision des quotas, le renforcement de l’encadrement technique, la mécanisation, l’amélioration de la communication et une répartition plus adaptée aux réalités locales.

Pour Koungheul, l’enjeu dépasse ainsi la seule distribution des semences : il s’agit, selon cette lecture, de mettre en place un dispositif agricole plus prévisible, plus équitable et davantage adapté aux besoins des producteurs du département.

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